COLLECTION 3,14 g de POÉSIE

Planches de Samuel Dudouit

"la vie humaine est douce

comme du pain ou une peau

c'est une noyade d'hiver

il reste un manteau sur une chaise

des livres oubliés dans la boue

et d'immenses chœurs célestes

annulés par les pépiements d'un passereau

quelque part là-bas

entre les joncs froids du marais"

 
Format 12,5x21cm, 80 pages - Prix de vente : 8 euros

 Les poèmes de Samuel Dudouit surprennent le lecteur page après page ; des planches glissantes, des pas dans la neige…  la lecture n’est pas stable mais oscille entre l’aube et la nuit, le pourri et le vif. Les poèmes puisent leur puissance non pas de ce qu’ils sont mais de ce qu’ils seront car c’est « de ce futur sans langage que viennent [les mots] ». Lecteur, fais attention où tu mets les pieds « en marchant dans [les] phrases » du poète, là où la nuit est « un tapis roulant qui s’emballe ». Attention lecteur : mets « un pied devant l’autre » : pour Samuel Dudouit, c’est « la meilleure façon d’écrire », ce sera pour toi la meilleure façon de lire. Même si « Le monde [annule] ses rendez-vous » dans la poésie de Dudouit, le poète lui, te donne rendez-vous  « devant le trou de sa propre fontaine » afin d’y jeter « les petits dés tout simples » de la   réalité.

YjB

 

 

 

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Lisières de Mathilde Vischer

" C’est alors qu’il lui dit vous êtes fine et légère comme les pages d’une Bible, votre démarche claire et ample délie même les battements du sang qui secouent vos veines, ceux de l’ombre, vous êtes le regard que je suis, le sable que je transporte en vain d’une nuit à l’autre, le geste du tremble, le tintement de la porte au sortir du matin."

 
Format 12,5x21cm, 80 pages - Prix de vente : 8 euros

Dans mon cabas il y a  l’enfant, il y a la souffrance et la joie, il y a l’innocence et la lucidité, il y a la femme, il y a la réalité insolite, bizarre, décalée, dont on ne comprend pas tout, tout de suite, il y a la réalité qui sépare et celle qui rassemble les corps, les cœurs, il y a l’homme, le rire et les larmes ; dans mon cabas, il y a la ville « les pans entiers [de la] vie », et tellement d’autres choses pour que son poids « semble celui du monde » – dans le cabas d’où s’échappe « une plainte secrète », où se jouent tous les petits drames quotidiens. Qui porte le cabas ?  Est-ce « la petite fille à la robe rouge » ou la mère ? Demandons-le aux poèmes de Mathilde Vischer qui cernent nos existences d’un œil tendre et vigilant, ou à la lune car c’est elle qui « rétablit l’ordre des choses, des pensées, la vie extraite de sa propre réalité ». Mais serons-nous jamais sûrs d’obtenir la réponse ?

YjB

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Sous les feuilles de Christian Degoutte

« si ton souffle ne m’ose pas 
si tes mains ne m’osent pas
ma peau m’enferme
dans un sac de froid
je tombe au bas du trottoir
entre les oubliés des caresses
ose ma peau s’il te plaît
à chaque seconde ose
ma peau ose-moi » 
 
Format 12,5x21cm, 64 pages - Prix de vente : 8 euros

et tes mots frissonnés / à mon oreille… Telle est la poésie de Christian Degoutte : un murmure qui fait mouche, qui va droit au cœur, des éclats de langage qui pénètrent au plus tendre de la chair. Une corbeille pleine de mots, et l’on peut toucher, choisir, goûter les mots, les mots corps, cœur, peau, mains, souffle, viscères, scat, baisers, chant, cuisses, voix, voix de Nina, d’Ella, de Billy, d’Odetta, et tellement d’autres fruits encore… Si on aime aimer, si on aime être aimé, alors on se sent bien dans la poésie de Christian Degoutte et l’on s’empresse de voter – sous les feuilles – la loi des cerises.

YjB

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Agrès acrobates d'Anna Jouy

« la danse enfile le bas du soir
 
dans l’air
dans l’eau
toujours ce raffut de lumière 
le chorégraphe baise des voiles de mouettes
 
on poste un jour un cri dans l’eau
espérant qu’un peu de marée fera bouger la lune
mais cette révolution de bourbon ne fait que nous rendre plus noir »
 
Format 12,5x21cm, 64 pages - Prix de vente : 8 euros

Anna Jouy n’a pas peur des mots. Le je est présent dans sa poésie et agit, ne s’en laisse pas compter. Voilà une poésie nerveuse, musclée, qui ne s’embarrasse pas des convenances afin de pouvoir faire crisser des gonds interdits et surgir le sang des mots. Assurément les mots se pendent aux phrases et dessinent des figures à la limite de l’équilibre : les attaches d’amour nous tiennent au vol / je fuis comme un piano qui picore / j’allonge une main à dessouder la lune, les vers sont nombreux qui donnent le vertige et font grimper haut vers une rêverie des corps, vivement incarnée dans la réalité de la chair et de la présence : mon sang à même les draps / ces rubis écoulés / mosaïque incarnat jetée comme des pleurs / entre vos jambes d’homme.

YjB

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