Agrès acrobates

Agrès acrobates d'Anna Jouy

« la danse enfile le bas du soir
 
dans l’air
dans l’eau
toujours ce raffut de lumière 
le chorégraphe baise des voiles de mouettes
 
on poste un jour un cri dans l’eau
espérant qu’un peu de marée fera bouger la lune
mais cette révolution de bourbon ne fait que nous rendre plus noir »
 
Format 12,5x21cm, 64 pages - Prix de vente : 8 euros

Anna Jouy n’a pas peur des mots. Le je est présent dans sa poésie et agit, ne s’en laisse pas compter. Voilà une poésie nerveuse, musclée, qui ne s’embarrasse pas des convenances afin de pouvoir faire crisser des gonds interdits et surgir le sang des mots. Assurément les mots se pendent aux phrases et dessinent des figures à la limite de l’équilibre : les attaches d’amour nous tiennent au vol / je fuis comme un piano qui picore / j’allonge une main à dessouder la lune, les vers sont nombreux qui donnent le vertige et font grimper haut vers une rêverie des corps, vivement incarnée dans la réalité de la chair et de la présence : mon sang à même les draps / ces rubis écoulés / mosaïque incarnat jetée comme des pleurs / entre vos jambes d’homme.

YjB